Comme Franck, contrôleur qualité, finir sa carrière en pente douce est-ce possible ?
Cette progression s’explique en grande partie par le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Mécaniquement, davantage de personnes restent en activité plus longtemps. Mais cela ne signifie pas que les conditions d’emploi se soient améliorées pour tous. Si les 50-56 ans affichent des taux d’emploi élevés, la situation se dégrade nettement après 58 ans, et plus encore au-delà de 61 ans. Beaucoup se retrouvent dans une zone grise : ni en emploi, ni encore retraités, parfois sans revenu stable.
Les organisations syndicales apportent un éclairage complémentaire.
La CFDT considère que ce « record » doit s’accompagner de mesures concrètes : lutte contre les discriminations liées à l’âge, formation continue, aménagement des fins de carrière, développement de la retraite progressive dès 60 ans. Pour la CFDT, le maintien dans l’emploi ne peut être durable que si les conditions de travail et la reconnaissance de l’expérience suivent.
De son côté, la CGT estime que l’augmentation du taux d’emploi ne doit pas masquer les difficultés persistantes : licenciements économiques ciblant les salariés âgés, difficultés de retour à l’emploi, précarisation des fins de carrière. Pour la CGT, sans droits contraignants et sans obligations plus fortes pour les employeurs, le « record » restera largement théorique.
Sur le terrain, les parcours illustrent cette réalité. Franck, 63 ans, contrôleur qualité sur un chantier de construction, témoigne :
« Aujourd’hui je ne porte plus de sacs de ciment, je vérifie les ouvrages, je contrôle les normes. C’est moins physique qu’avant. Mais le corps, lui, se souvient. Après quarante ans dans le bâtiment, les épaules, les genoux, le dos… tout est marqué. On peut adapter le poste, pas effacer la carrière. »
Son témoignage rappelle qu’occuper un poste moins contraignant en fin de carrière ne gomme ni l’usure professionnelle ni la fatigue accumulée.
Pour les futurs retraités comme pour les adhérents de l’ANR12 en Aveyron, cette question est essentielle. Travailler plus longtemps n’est pas un problème en soi si cela se fait dans de bonnes conditions. Mais prolonger l’activité sans sécuriser les parcours professionnels fragilise nombre de seniors.
Au-delà des chiffres, l’enjeu est clair : garantir une fin de carrière digne, reconnue et choisie, et non subie.
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